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Luxpopuli / Politique / Liberté d'expression / Serges Dassault : encore un qui voudrait qu'on ferme notre geule.





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Serges Dassault : encore un qui voudrait qu'on ferme notre geule.

Date de publication: le vendredi 28 mars 2008 Ă  16h33
Dernière modification: par Pascal BOYER le vendredi 28 mars 2008 à 16h54
« Article précédent: Franck PAVLOFF : Matin brun

Serge Dassault ou le dénie violent de démocratie

Je sais de longue date que Serge Dassault est homme profondément vulgaire, plein de morve, de mépris pour le peuple, un fervent défenseur de la déréglementation du monde du travail, un homme qui, dans le discours, n'a pas de mots assez durs pour disqualifier les services publics et tout ce qui touche de près ou de loin à de l'interventionnisme étatique dans la direction des affaires de la France. Dans le discours seulement. Car lorsqu'il s'agit de n'avoir pour seul client (je crois qu'il vient d'en vendre quelque uns à un autre pays) à ses avions de chasse, Le Rafale, le gouvernement français, alors là, bien sûr, pas question de refuser les milliards de l'état. Pas question de tourner le dos aux milliards issus des impôts des français, ces fainéants qu'il serait grand temps de mettre un peu au travail bordel !

Une journaliste malmenée par les gorilles de Dassault

Document original : article publié par Gaël Cogné sur le site rue89.com le 26/02/2008

Lors d'une réunion à Corbeil, une reporter de France Inter a été violemment prise à partie par le service d'ordre du maire.

Etrange conception de la liberté de la presse à Corbeil-Essonnes. Pascale Pascariello, journaliste à France Inter, reporter de l’émission de Daniel Mermet, Là-bas, si j'y suis , s'est fait secouer par les gros bras de Serge Dassault, lors d'une réunion publique à Corbeil-Essonnes, vendredi 8 février.

Jacques Lebigre, conseiller municipal et directeur de campagne de Serge Dassault dément:

« Elle a voulu interviewer de manière brutale monsieur Dassault. Les gens s’en sont émus. Je ne peux que regretter la manière non-déontologique dont s’y est pris cette journaliste. »

L'intéressée, pourtant habituée des reportages difficiles, avoue "avoir eu très peur". Elle enquêtait depuis plusieurs jours à Corbeil, ville populaire de 40 000 habitants, où la campagne municipale est particulièrement tendue.

Serge Dassault, maire sortant, n'en finit plus d'attirer les regards. En 2006, le préfet avait saisi la Chambre régionale des comptes (CRC). Christian Descheemaeker, son président, avait estimé le déficit du budget de la ville à 10 millions d’euros. En 2007, la CRC relèvait que les comptes de la commune avaient été "artificiellement " équilibrés: 5,9 millions d’euros auraient manqué.

L'opposition n'hésite pas à taxer le maire de "clientéliste" et qualifie le climat de "politico-mafieux".

Il y a deux mois, le Canard enchaîné révèle qu’un jeune conseiller municipal de Serge Dassault a reçu 500 000 euros des fonds privés de l’avionneur. La somme, versée en 2006 en trois fois, aurait été retirée en chèque et en liquide pour des sommes atteignant parfois 100 000 euros. Un "prêt" selon Serge Dassault, pour financer des "actions humanitaires" et des "projets industriels".

C'est dans ce contexte que la journaliste s'est rendue à une réunion publique organisée le 8 février 2008, à la Bourse du travail, à deux pas des Tarterêts. Elle enquêtait depuis quelques jours déjà. "J'ai croisé un jeune qui m'a montré un SMS. 'C'est un message de SD', m'a-t-il dit. On l'invitait à une réunion publique de l'UMP. SD signifie Serge Dassault pour les jeunes."

Pascale Pascariello s'y rend:

« A peine entrée, on m'a demandé qui j'étais et on m'a photographiée. Ça m'a surprise. J'ai dit que j'étais journaliste. »

A la fin de la réunion, dans une salle toute acquise à Serge Dassault, Pascale Pascariello se rapproche de la tribune où se tient l'édile et tend son micro siglé France Inter. La journaliste raconte qu'"il s’est d’ailleurs félicité d’avoir France Inter". Devant l’assistance, elle l'interroge sur son succès à Corbeil-Essonnes, sur des propos qu'il aurait tenus à propos de la ville, mais surtout sur ces affaires qui enveniment la campagne. Le maire l'interrompt et refuse de répondre.

La jeune femme est immédiatement prise à partie:

« Je pense que j'ai dû dire le mot qu'il ne fallait pas. J'ai vu des hommes assez musclés en costume m'entourer. Avant, ils se tenaient aux côtés de Serge Dassault ou gardaient les portes. J'ai été bousculée. Certains habitants, pas des jeunes, d'ailleurs, m'ont aussi agrippée. Je me suis accroupie. J'ai eu peur de prendre un coup. Je ne comprenais pas s'ils voulaient me sortir ou me retenir à l'intérieur. C'était très violent. Il a fallu que quelqu'un m'aide à sortir. J'ai vraiment eu très très peur. » (Ecouter son témoignage)

This text is replaced by the Flash movie.

La jeune femme est choquée. On l'entend sur la bande-son qu'elle a enregistrée pendant l'altercation. Un son que nous avons pu écouter et qu’elle compte diffuser lors d’une prochaine émission.

Un témoin explique que les hommes de la sécurité avaient des oreillettes et qu'ils sont tous partis en même temps:

« J'imagine qu'ils avaient reçu un ordre. Ensuite, il y a eu un mouvement de foule. Je crois quelle n'avait pas calculé le danger. »

Une habitante des TarterĂŞts confirme:

« C'était très violent,j'ai cru qu'ils allaient la lyncher. »

Jacques Lebigre minimise:

« Les gens ont voulu intervenir. Il n'y a pas eu de violences. Ils lui demandaient sa carte de presse. »

Pourtant, l’habitante des Tarterêts confirme que le micro était siglé France Inter. Ce que dément le directeur de campagne de Serge Dassault. Il ajoute:

« Les questions étaient une provocation. Voilà une conception du journalisme qui n’est pas la mienne. »

Le plus étonnant dans tout cela, c'est qu'aucun des élus sur l'estrade n'a réagi. Pascale Pascariello n'en revient pas:

« Serge Dassault a laissé ses hommes de main et des habitants me prendre à partie très violemment, sans rien dire. Je croyais qu'un maire devait assurer la sécurité de ses habitants. »

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« Des gens dans l'assistance se sont interposés. Les échanges étaient un peu vifs mais il n'y a pas eu de violences. »

Il soutient également qu'"aucun vigile n'est intervenu."

Suite à cet événement, Serge Dassault a contacté Daniel Mermet, producteur de l'émission "Là-bas si j'y suis" de France Inter. "Pour vérifier mon identité", explique la journaliste:

« Grosso modo, il a dit: 'Je serais vous, j’écouterais bien avant de diffuser’. »

Sur le site la-bas.org consacré à l'émission Là-bas si j'y suis de Daniel Mermet (France Inter) vous trouverez l'enregistrement de deux émissions consacrées aux municipales 2008 à Corbeil-Essonnes.


A propos des dénis de liberté de plus en plus graves et fréquents dont est l'objet la presse en France, des pressions qu'elle subit, je vous recommande la lecture de la rubrique presse de ce blog:

On ne pourra pas dire qu'on ne sait pas

... puisqu'on le sait

Lien vers l'article précédent
Franck PAVLOFF : Matin brun

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