Date de publication: le lundi 12 janvier 2009 Ã 10h13
Dernière modification: par Pascal BOYER le lundi 12 janvier 2009 à 16h39
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Article paru dans le N°2228 du journal Le Nouvel Observateur en date du 30 Octobre au 5 Novembre 2008
Trois questions à Charles Sultan*
Le professeur pointe les dangers des produits phytosanitaires sur l'organisme dès le plus jeune âge
Charles Sultan. – Les études épidémiologiques le soulignent. C'est malheureusement dès la vie intra-utérine que le bébé d'aujourd'hui est exposé aux quelque cent mille substances chimiques présentes dans notre environnement. Des chercheurs américains ont répertorié les traces de 250 produits dans le sang du cordon ombilical ! Je n'hésite pas à le dire : le nouveau-né arrive au monde déjà contaminé, y compris par les pesticides que l'on trouve dans l'air intérieur. Or ces molécules restent stockées dans les tissus graisseux de l'organisme. Elles vont se cumuler avec d'autres substances tout au long de la vie.
Charles Sultan. — Oui, cette étude avait fait débat. Sauf qu'aujourd'hui la plupart des travaux scientifiques et des enquêtes épidémiologiques, tant au Danemark qu'en Finlande, aux Etats-Unis ou en Espagne, confirment ces conclusions. Dans les populations d'agriculteurs, la prévalence des tumeurs du cerveau est trois fois supérieure à la normale. Et le risque de développer la maladie de Parkinson est deux fois plus important. On ne peut pas affirmer une relation directe de cause à effet. Mais il existe un faisceau de données concordantes. Et l'on peut aussi craindre un effet transgénérationnel. La revue « Science » a publié l'an dernier une étude sur des rats exposés à des pesticides. Les effets étaient sensibles jusqu'à la quatrième génération...
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