Date de publication: le Samedi 6 Décembre 2008 à 10h41
Dernière modification: par Pascal BOYER le Dimanche 7 Décembre 2008 à 11h48
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Justifier une politique d'un autre âge
Alors qu'il nous a fallu de longs siècles pour sortir de ce qu'il faut bien reconnaître comme une justice non pas juste, équitable, reposant sur le respect de droits depuis longtemps dits fondamentaux et universels, mais bien barbare et vengeresse, voilà que le quatuor infernal, N.Bruni, R. Dati, M. Alliot-Marie et B. Hortefeux, s'attellent au sombre dessein de ramener la société française au moyen âge.
Pour arriver à leur fin, ces quatre racailles de la politique française se font fort de distiller, aux oreilles de qui veut bien l'entendre, les idées les plus sordides, les plus infâmes et, comme de nombreux journalistes n'ont pas manqué de le relever, dignes de celles prévalant aux heures les plus sinistres de notre histoire.
Et, quand il arrive que les faits, têtus, ne se transforment pas en autant de preuves venant étayer les discours des bonimenteurs qui nous gouvernent, rien ne retient ces derniers dans leur inextinguible volonté d'assoir leur politique nauséeuse de transformation sociale.
C'est ainsi que notre top modèle de la justice (ou plutôt de la Répression, devrais-je dire), R. Dati, dans un soucis de mieux mentir aux français pour leur mieux faire comprendre combien les mineurs sont pour la société une menace effroyable contre laquelle doit se déchaîner la répression sans limite d'une justice débridée, décomplexée diront certains, s'est ainsi exprimée:
Source: le journal «Le Canard Enchaîné» du 5 Novembre 2008
La chronique de Caroline Eliacheff
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Quant à la journaliste Caroline Eliacheff, chroniqueuse matutinale de l'émission «Les matins de France Culture», elle enfonce le clou le mardi 2 décembre (écouter la chronique ci-contre - 4min18).
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La note de recadrage de Laurent Mucchielli
Le rapport du sociologue et directeur de recherches au CNRS Laurent Mucchielli dont il est question dans la chronique de Caroline Eliacheff est une analyse de chiffres officiels émanant:
- de statistiques de police et de gendarmerie,
- de statistiques de la justice,
- de statistiques des magistrats du siège,
Les cinq constats mis en avant par ce document sont:
- Premier constat : il n’est pas vrai que la délinquance des mineurs ne cesse d’augmenter tandis que celle des majeurs baisse
- Deuxième constat : il n’est pas prouvé que les mineurs délinquants sont « de plus en plus jeunes »
- Troisième constat : on ne voit pas ce qui permet de dire qu’il existe un problème grave et particulier avec les mineurs de moins de 13 ans
- Quatrième constat : il n’est pas vrai que « Il y a 204 000 mineurs qui sont mis en cause pour des actes graves » ni que « Des mineurs délinquants, Arlette Chabot, c’est des violeurs, des gens qui commettent des enlèvements, des trafics de produits stupéfiants, qui brûlent des bus dans lesquels il y a des personnes ».
- Cinquième constat : il n’est pas juste de laisser croire que les mineurs délinquants ne font l’objet que de mesures éducatives et que les juges sont naturellement « laxistes »
Ci-dessous, le rapport de Laurent Mucchielli:
Les plus de 60 ans huit fois plus délinquants que les mineurs !
A la lecture de la page 6 de la note ci-dessus, vous apprendrez qu'en 2006, alors que les mineurs de moins de 13 ans ne représentent que 0.3% de la totalité des 614 231 personnes condamnées, la tranche des plus de 60 ans représente 2.4% des inculpés. Il y a donc en France huit fois plus de délinquants de plus de 60 ans que de délinquants de moins de 13 ans.
Et pourtant, qui a peur d'une personne du troisième âge ?
Cet exemple illustre à lui seul toute la propagande dégueulasse et condamnable à laquelle se livre le gouvernement pour faire voter des lois corrosives pour l'intégrité et la cohésion sociale.
A elle seule, R. A-dit constitue une bien plus grande menace pour l'ensemble de la société française que cette part infinitésimale de jeunes enfants en manque d'éducation et en qui on nous somme de voir les responsables de nos peurs infondées.
Si nous devions juger les vrais responsables, N. Bruni, R. A-dit, M. Alliot-Marie et B. Hortefeux seraient à coup sûr coupables.
Les vraies raisons de la politique de R. A-dit
Tout d'abord, je veux exprimer ici mon inquiétude grandissante fasse à des comportements aussi scandaleux qu'ils sont mensongers.
L'aisance avec laquelle la racaille politique répand, contre-vérités, désinformations et mensonges propres à engendrer des scissions sociales en stigmatisant sans cesse et à tout bous de champ, ici les mineurs, là les couche-tard, là les malades mentaux, là les étudiants récalcitrants, là les fonctionnaires, etc... met en lumière les dysfonctionnements et manquements de notre démocratie tout en conduisant inéluctablement à une société malade et boiteuse.
Dans le cas particulier de R. A-dit (qui, fort heureusement, n'aura bientôt plus à garder que les seaux de son enfant), et au-delà de sa participation à la politique menée du «diviser pour mieux régner», il semble de plus en plus certain que sa volonté maniaque et délirante de réprimer au plus tôt l'enfant trouve sa source dans son histoire personnelle.
En effet, comment ne pas faire le lien entre la situation juridique des deux frères Jamal et Omar Dati, jugés à plusieurs reprises pour trafic de drogue et de stupéfiants, et la politique de la future garde des seaux ? Comment ne pas voir que cette dernière, à travers sa politique judiciaire, cherche à réparer ce qui à vraisemblablement fait défaut à ses deux jeunes frères: l'autorité parentale (dans tout ce qu'elle a de positif en ce qu'elle constitue un guide de croissance et d'apprentissage chez le jeune enfant) ? Comment ne pas penser que R. A-dit se sente investi de la mission sacrée de procurer, à tous ceux qui n'ont pas la chance d'en bénéficier, le cadre autoritaire dont nous avons tous besoin pour grandir ?
Malheureusement, alors que le diagnostique peut s'avérer juste, jamais il ne doit déboucher sur la conviction que la mise en place d'un système uniquement répressif puisse apporter, en quoi que ce soit, une solution idoine.
Qui peut oser prétendre qu'un jeune, que le manque d'encadrement et d'autorité parentale auraient poussé à s'égarer sur les sentiers de la délinquance, retrouvera son chemin à force de coup de matraque dans la gueule, à force de séjours en milieu carcéral et à force de sentir peser sur lui l'exclusion du reste de la société.
Il n'est pas une société humaine qui, depuis l'aube des temps, ait apporté la preuve du bien fondé de cette vision archaîque des rapports humains en particulier et sociaux en général.
C'est pourtant à ce genre de justice stupide et aveugle que R. A-dit, sous la houlette de son mentor, N. Bruni, souhaite soumettre la jeunesse française en particulier et la société tout entière en général..
Cette vison du monde fait honte à la France.
R. Dati, vous êtes la honte de la France.
La rétention de sécurité côté spy
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Le 03 décembre 2008 à 11 heures, Antoine Garapon a consacré son émission Question d'époque sur France culture, à la question de la rétention de sûreté dans le cas des délinquants sexuels.
Les deux invités étaient:
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Daniel Zagury. Psychiatre des hôpitaux, expert près la cour d'appel de Paris.
Expert psychiatre de Guy Georges, Patrice Alègre, Pierre Chanal, Michel Fourniret et quelques autres.
- Roland Coutanceau. Psychiatre des hôpitaux, psychanalyste, psycho-criminologue, expert près la cour d’appel de Versailles et près la Cour de cassation
A l'écoute de ces deux professionnels de la maladie mentale, on ne peut qu'être saisi par la richesse, la retenue, la modération et la pédagogie de leur propos en regard des discours simplistes, réducteurs et populistes de celles et ceux à qui nous donnons mandat d'orienter la réflexion d'une nation autour de problèmes complexes et qui n'engagent rien moins que le regard que nous posons sur notre propre société.
Téléchargez le rapport Varinard (238 pages)
COMMISSION DE PROPOSITIONS DE REFORME DE L’ORDONNANCE DU 2 FEVRIER 1945 RELATIVE AUX MINEURS DELINQUANTS
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